Voici donc un BRM 300 conclut de belle façon.
Après avoir insisté pour démarrer à 6h pétantes, j’étais bien le dernier prêt à partir … à 6h15. Mea culpa !
Le jour pointait déjà et nos éclairages devenaient rapidement inutiles : tout était éteint à St Laurent sur Rochefort. La montée vers Noirétable se faisait au rythme de chacun pour ne pas puiser trop tôt dans les réserves énergétiques.
Le rythme fut ensuite soutenu jusqu’à Thiers, le parcours étant descendant et permettant à l’effet d’aspiration de jouer pleinement son rôle. Ce rythme resta soutenu jusqu’à Vichy, un peu trop à mon avis : je constatais que Philippe M. avait souvent quelques mètres d’écart avec la fin du groupe bien compact, et subissait trop les assauts d’un petit vent de face, ce qu’il m’a confirmé lors de la pause aux Célestins.
Ensuite, c’est 90 kms de talus dans l’Allier et la Saône et Loire qui se profilent. Deux groupes se dessinent progressivement : ceux qui peuvent suivre Océane (pourtant toujours sur la retenue) et ceux qui ne le peuvent pas ! Le groupe de devant nous attend régulièrement, mais c’est à partir des Echarmeaux qu’on ne les reverra plus. On reste donc Philippe, Marie Noelle, René et moi, accompagnés de Serge et Alex (qui avaient largement leur place à l’avant) ensemble pour les 60 derniers kms.
On roule régulièrement, sans à-coups jusqu’à Neulise où les difficultés sont derrière nous. Une joie gavée d’endorphine s’empare doucement de moi. On ajoute un tricot de peau contre la fraicheur du soir, on rallume les feux et le monde se réduit progressivement au 10 m² du halo lumineux de notre éclairage.
Le château d’eau est en vue à 21h25 et on profite allègrement de la collation offerte par le club et les amis restés pour nous accueillir.
C’est le sentiment de bien avoir géré ce 300 qui domine au lendemain : en roulant systématiquement un ton en dessous de ce que je pouvais faire hier, je suis arrivé dans un bon état de fraicheur et j’ai compris ce qu’il faudra respecter comme allure sur le 400 dans un mois. C’est assez rassurant !
« L’esprit oublie vite les souffrances du corps. C’est le ressort de la vie : effacer et recommencer. La volonté est un fauve. Elle réclame sa part de viande : on rêve à un nouveau départ aussitôt gouté le repos. Quand l’expérience commence à vous dissuader de repartir, c’est que vous avez vieilli » (Sylvain Tesson – ‘Blanc’ 2021)

