Répondre à : Compte rendu vélo de route

#2235 CITER
DANIEL
Participant

    Le raid défi non stop réalisé par Damien dans les Alpes en gros environ 350 km, 7 cols à plus de 2000 pour 10 000 m dénivelé+, nous avait tous épaté. Fifi avait émis l’idée de reprendre ce parcours superbe pour en faire de façon plus raisonnable un voyage itinérant en 3 étapes. Restait à fixer une date et ce fût pour la semaine après le wk du club à Matour 71

    Fifi, Henri, JJ et moi, nous sommes donc partis (en voiture, je précise ) le lundi 19septembre pour Guillestre et une première nuit à l’auberge de jeunesse. Ce n’est pas un lieu inconnu pour moi puisque c’était le cadre d’une de mes premières grandes sorties avec la Squadra à la fin des années 80, un wk prolongé organisé par le regretté Claude Collomb avec la présence de vieilles gloires du club aujourd’hui disparues, entre autres Jean Pinay, Louis Chabanel…

    Mardi 20, après un petit déjeuner à l’auberge, un passage à la boulangerie pour acheter de quoi manger à midi, nous quittons Guillestre à 9 h direction le col Agnel. La température est frisquette , 4 petits degrés mais le ciel est bleu et nous laisse mieux. Seulement la vallée du Guil surtout dans sa première partie est encaissé et nous laisse à l’ombre .Sur les bas côtés, quelques traces de gelées blanches, nous supportons bien nos gants longs et des vêtements chauds.C’est une longue vallée d’approche certes montante, mais le col ne commence vraiment que lorsque nous la quittons au bout de 20 km. Il en reste 20 jusqu’au sommet. Le soleil maintenant et la pente nous réchauffe très vite. A Molinas en queyras, un arrêt pour enlever des « pelures » comme aimait dire mon camarade Nano Cherblanc. De plus, le sac à dos amplifie la transpiration. Fifi, aussi à l’aise à grimper à vélo qu’à crapahuter en ski de rando s’envole irrésistiblement. J’essaie de monter en économisant mes forces et je ne cherche pas à suivre coûte que coûte. Le col ne devient vraiment dur que dans les 5 derniers km. Une marmotte, à quelques mètres de la route, dressée sur ses pattes arrières, me regarde arriver d’un air narquois, les yeux grands ouverts et sans bouger une oreille..Il me semble qu’elle a dit : « oh lui ! A l’allure qui monte, je crains pas grand chose…. » Je suis en haut à 12h. Avec le recul, je peux dire que malgré son altitude respectable 2744m, c’est le col le plus facile ( ou le moins dur )  de la rando.En haut, soleil ou pas, le vent est glacial et nous nous habillons prestement pour une très longue descente.Fifi et Henri sont des descendeurs hors pair et je ne me risque pas à les suivre préférant assurer pour arriver en bas sur le vélo..JJ reste prudent, son vélo guidonnant sous l’effet du poids de sa sacoche arrière. Nous faisons une pause sandwich tout en bas, dans la vallée Varaita, bien à l’abri du vent, près d’une retenue d’eau étonnement basse.Ici aussi, la sécheresse a sévit. Après une pause café, capucino ou américano selon les gouts , au village suivant Sampeyre,le second col du jour se présente à nous, le col de Sempeyre 2284m. Je ne le savais pas encore mais c’est à mon avis le plus dur de la rando. Nous quittons la vallée pour une toute petite route et sommes d’entrée dans le vif du sujet, entre 8 et 10% sans le moindre répit jusqu’en haut. Curieusement, le pourcentage reste identique dans les virages. Ce sont 16 km avec en plus un revêtement granuleux, fissuré, rapiécé qui offre aucun rendement. Je perds très vite le contact et me retrouve seul. Aucune borne, aucune indication sur cette route en partie forestière, mon compteur défaillant, je n’ai aucun repère si ce n’est le village de Sempeyre que j’aperçois parfois au détour d’un virage tout en bas et de plus en plus loin…Pour autant, j’apprécie cette route sauvage, sans personne,comme hors du temps…Et puis soudain, j’aperçois un cycliste là devant moi , pas si loin et qui m’a l’air un peu planté. Je me dis qu’il ne doit pas en rester tant que ça et que c’est le dernier col de la journée. Je me concentre et me rapproche. Mais, ne serait ce pas Fifi ???  Je continue .Mais si, c’est bien lui, Fifi en personne qui nous fait « une Pogacar dans le Granon ». Je le passe sans coup férir…. Le sommet n’est pas loin et je retrouve Henri et JJ en pleine discussion avec un parisien équipé d’un gravel dernier cri que n’aurait pas désavoué notre spécialiste Paulo.Une interminable et compliquée descente suit jusqu’à Macra.Il ne reste plus qu’à prendre une petite route d’une autre vallée, quelques km, 250m dénivelé +,pour arriver dans un hameau perdu de quelques maisons lovés autour d’une superbe petite église avec des scènes religieuses peintes sur la facade. Au fond du hameau, le chalet de Fifi construit de ses mains par son grand père et où Fifi et sa famille viennent se ressourcer de temps à autre. 117 km et 3500m dénivelé+ pour cette 1°étape

    Mercedi 21, la météo est annoncé mitigé avec un risque d’averses l’après midi. Nous partons à 9h avec en effet un ciel gris et bas.Une rapide descente sur Macra et nous remontons la vallée Maira jusqu’à Ponte Marmora 944m.Là commence le premier col de la journée, long de 24km celui Esischie2370m. Contrairement au col de Sempeyre, il est très irrégulier, des rampes et des replats surtout dans sa partie forestière. Le final dans les alpages, plus régulier, est absolument sublime. C’est évidemment une toute petite route avec un revêtement variable qui passe du top au pire…Nous tombons sur des travaux. Un camion toupie est en place pour un mur de soutènement.Il occupe entièrement la route. Un atomobiliste attend sagement.Pas d’autre choix pour nous que de passer dans le talus en portant nos vélos…Le sommet, 2370m est dans la brume. Il faut continuer de monter pour atteindre le col suivant,celui de Faurniera 2480m, 2km d’un enrobage flambant neuf. Au sommet,un Marco Pantani sculpté dans le bois une stèle Fausto Coppi .Est ce en lien avec la cyclosportive  » la Fausto Coppi » qui partait de Cunéo et qui eut so heure de gloire mais dont j’ignore si elle existe encore. Nous ne trainons pas dans le brouillard ambiant surtout que la descente qui suit jusqu’à Bemonté sur une route étroite et sinueuse est interminable. A Bemonté, gros bourg traversé par un flot incessant de camions venant ou allant au col de Larche, nous allons dans une pizzéria manger et …nous réchauffer. Il nous faut remonter cette vallée fréquentée durant 10kmjusqu’à Vinadio 906m, point de départ du col de la Lombarde 2350m pour 24km. Les premiers km en lacets ne sont pas trop durs puis suit une partie avec de longues lignes droites à 10% où je perds le contact. Vers l’altitude 1800, un replat bienvenue et je retrouve mes compagnons arrêté au carrefour du sanctuaire J’allume mon feu rouge car le brouillard s’épaissit au fur et à mesure que l’on s’approche des sommets.Il reste 9 km à gravir mais c’est moins dur et je parviens à me caler sur un bon rythme. JJ qui m’avait suivi finit par lâcher. C’est le dernier col du jour, je poursuis mon effort. Dans le brouillard de plus en plus épais, je suis seul au monde. Enfin, presque..Pas tout à fait….A quelques encablures du sommet, revenu du diable vauvert, un cyclo me dépasse à toute allure..! C’est Fifi !! Tant pis, je n’y arrive plus….Pas question de traîner au col, il ne fait que 2 petits degrés. Fifi que la dame du gite d’Isola village attendait jusqu’à 17h30 part de suite et fait la descente. Si la route est large et bonne, la pente est impressionnante et nos vélos chargés poussent. Avec JJ, nous descendons prudemment laissant filer Henri, autre artiste descendeur. Fifi est arrivé à temps. le gite n’assure pas de repas le soir. Pas de problème, après la douche , nous allons manger ( et bien ) au seul restaurant du village ouvert en cette saison. Au final, pas la moindre averse, un temps gris et frais presque froid, du brouillard au dessus de 2000m 112km pour 3300m dénivelé+

    Jeudi 22septembre, c’est la dernière étape à priori un peu moins dur mais je n’y crois pas trop.Le soleil devant revenir en journée,nous partons un peu plus tard 9h30 après être passé à la boulangerie pour notre casse croûte de midi.Isola village,871m, col de la Bonette 2715m pour presque 40km. A partir de là, ce sont des routes que je connais puisque nous les avons emprunté pour Thonon-Antibes , dans l’autre sens , c’est vrai. Le col ne commence vraiment qu’à St Etienne de tinée. Je me sens fatigué et laisse vite partir mes compagnons de route. Contrairement aux cols italiens, les routes sont larges et en très bon état. Même si la Bonette est un très beau col surtout par ce versant sud, il lui manque un peu du charme nature et sauvage absolument extraordinaire et incomparable des cols italiens. Sans doute, les nombreuses motos et camping car alors que nous n’étions pourtant pas en saison estivale, y sont pour quelque chose.Arrivé au col, je préfère descendre tranquilou jusqu’à Jausiers pendant que mes camarades poussent jusqu’à la cime de la Bonette 2802m. La pause sandwich et café à Jausiers ne me permette pas de retrouver un peu de tonus . Je suis très fatigué.Heureusement pour moi, c’est le dernier col. Jusqu’à St Paul d’ubaye 1468m, ce sont des routes de vallées plutôt roulantes. le col proprement dit commence ici 8km pour arriver à 2110m .C’est le plus court mais sûrement pas le plus facile, de longs passages à 10% avec un vent de face permanent. De plus le défilé incessant de motards qui s’éclatent sur cette route avec un billard flambant neuf, oblige à rester constament au plus près du bord. Il y avait même une porsche qui faisait la course avec des motos…!!Je monte à l’arrache ces ultimes km grimpants et je suis très content d’arriver en haut. Ensuite, même pour un cycliste fatigué, ce n’est qu’une formalité de se laisser glisser jusqu’à Guillestre. 108 km et 2800m dénivelé+ pour  cette dernière étape bouclé sous le soleil et une température quasi douce.

    Merci Fifi pour l’organisation, Merci Fifi, Henri et JJ d’avoir étés bienveillants avec moi le maillon faible du groupe. C’est un superbe parcours que je ne peux que recommander aux amoureux de la Montagne. J’ai pu ajouter 4 cols de plus de 2000 à ma liste des 100 cols, ce qui me fait à ce jour 57 plus de 2000 et j’ai pu monter la Bonette et Vars par les versants sud pour la première fois. Enfin, je redis BRAVO à Damien, j’ai pu mesurer la folie de son défi non stop, un truc de Ouf !!!!!