
Une nouvelle étape dans la collection des Défis VTT-3000 initiée la semaine dernière par le beau 3000 des Monts du Forez. Aujourd’hui, c’est bien encore un 3000 qui nous attend mais cette fois-ci dans le massif beaucoup plus rugueux du Pilat. Jean-Jacques est notre traceur. Et il a choisi de faire le tour dans le sens horaire ce qui présente l’avantage de ne trouver les altitudes plus fraîches qu’en deuxième parties de journée.
Le rendez-vous est donné à Saint Chamond, sur le parking derrière le cinéma et comme à l’habitude tout le monde est bien à l’heure. Un peu impatient de se lancer mais aussi un peu inquiet à l’idée de ce que nous allons trouver… C’est que Fifi et JJ ont mis la barre haute pour leur premier 3000 en VTT. Céline, Eric et moi, correctement remis du weekend dernier, n’avons plus cette pression 😉
L’entame est plutôt poussive, avec beaucoup de routes et des chemins compliqués mais il est difficile de faire autrement autour de la cité couramiaude. Nous attendons Céline après un chemin défoncé et nous la voyons arrivé le guidon de travers et avec une humeur sentant bon le demi-tour. Après la fourche bloquée la semaine dernière, sa potence est cette fois-ci totalement débloquée… Etrange… Ces Orbéa sont semble-t-il mauvais farceurs… Un petit tour de clé pour repartir, et Jean-Jacques se chargera demain de réviser tout ça. Ce ne peut être bien grave…
Derrière la bosse, le soleil que nous ne pensions pas trouver si tôt et surtout si beau après la semaine glaciale et humide que nous avons eu. C’est bon signe pour la suite, et cela permet de retirer les vestes pour montrer les belles couleurs du maillot…
Un terrain de trial. Une trace pas facile à trouver, quelques marches et puis un sentier en surplomb du ravin. L’endroit est superbe, avec la lumière qui filtre à travers de grands arbres… Puis la trace à nouveau se perd… Nous nous glissons à pied dans une pente abrupte où il serait bien vain de vouloir s’arrêter. Nous voici dans les profondeurs du canyon… De gros rochers et une rivière qui coule bien fort devant nous… Fifi remonte vers l’amont, tandis qu’Eric et JJ entreprennent de poser de grosses pierres à travers le cours d’eau… De quoi former un pont de fortune par lequel nous traverserons (presque) sans nous mouiller les pieds… De l’autre coté, une sente à peine visible découverte par Fifi… Nous remontons les gorges suivant la Chamerle en poussant le vélo et maintenant absolument convaincu que cette journée va se mériter…
Par chance, les kilomètres qui suivent roulent relativement bien et nous permettent de nous remettre de nos émotions… Sauf que. Sauf que les récents débroussaillages ont transformé les chemins en vrai champ d’épines et je crève deux fois… Entamant ainsi sérieusement mon stock de chambre-à-air et le capital temps déjà juste dont nous disposons pour terminer l’aventure. Mes camarades bons mécanos m’assistent pour réparer vite et nous reprenons la piste avec la désagréable sensation qu’à la prochaine je serais à poil…
Nous arrivons à Pélussin par des chemins beaucoup plus compliqué qu’anticipé. Il est midi passé, et c’est l’heure d’une première pause dèj au pied d’un Séquoia qui a du en voir passer…
Il fait beau, presque chaud, nous traversons les deux viaducs de l’ancienne voie ferrée et entamons une section route un peu longue mais qui nous permet au moins d’avancer. Puis les rapioles arrivent, avec des passages avoisinant les 20%… Le chemin des anges pour Céline. La montée du Calvaire pour nous autres… D’ailleurs, les anges, heureusement que Céline les a vu. Sinon nous serions passé à coté sans ne voir rien d’autre que la pente effroyable que nous avions sous nos roues…
Bourg-Argental, il est 15heures, nous avons déjà 2000m de D+ à nos compteurs et Jean-Jacques annonce la couleur. « Maintenant c’est 700m de D+ à s’enquiller jusqu’au kilomètre 72… » – « Ecoute JJ, on va faire une pause là si tu veux bien… juste le temps de se faire à l’idée… » Après avoir fait deux/trois emplettes, nous nous installons sur la petite place dotée d’un point d’eau qu’Eric a dégotté. Sit-in au soleil. On mange la deuxième moitié du sandwich en débattant de nos chances devenus assez minces d’en finir avant la nuit…
Jean-Jacques ne s’était pas trompé. La remonté vers les hauteurs du Pilat, à 1200m, va se révéler assez éprouvante. Car les chemins ne sont pas lisses comme dans le Forez. Mais plutôt jonchés de pavasses humides qui lorsqu’elles ne vous font pas déjouer vous obligent à mettre pied à terre. Usant. Et terriblement lent. Heureusement, la vue est parfois à couper le souffle et l’atmosphère dans ces chemins peu arpentés assez incroyable. Nous gérons. Et arrivons tous ensemble mais bien entamé dans une petite clairière… marquée d’un gros panneau « propriété privée »… Un champ de ronces et de fougères… Mais sur l’écran des compteurs, se dessinent à quelques centaines de mètres ce qui ressemble bien à un chemin. Alors nous forçons le passage. Et trouvons effectivement une belle piste. L’aventure, c’est quand même beaucoup plus facile lorsque l’on possède un GPS !!!
Maintenant que nous sommes sur le plateau, nous allons pouvoir nous régaler de chemins toujours exigeants mais rentables du point de vue kilométrique… Contournant Chaussitre comme souvent avec Nicolas lors de vadrouilles altiligériennes mémorables, longeant la retenue de Saint Genest-Malifaux, retrouvant Planfoy pour bientôt traverser le Pas du Riot. Y faire une pause et se dire l’esprit peut-être un peu fatigué que ça doit être comme ça, le Canada… Un fleuve. Et de belles forêts tout autour.
Remonter, encore une fois. Et tirer sa dernière cartouche. Moi-même cramoisi, je ne peux que remercier Jean-Jacques pour ce parcours aux allures d’aventure. Je me suis régalé, du matin au soir, mais il faut maintenant conclure. Le soleil rougeoyant au dessus des Monts du Forez fait son baroud d’honneur. Il nous reste 30minutes peut-être moins pour redescendre les 10km de chemins qui doivent nous ramener à bon port. C’est un peu court, surtout qu’en éclairage nous ne sommes pas tous très bien équipé. Alors tant pis. Nous allons remonter vers le Col de Chaubouret que nous descendrons de nuit, à la lumière des lampes que nous avons. Une expérience toujours un peu stressante mais merveilleuse quand il s’agit de clôturer pareille journée… N’est-ce pas Céline !?
Saint Chamond, le défi est rempli. Avec 120 kilomètres au compteur et plus de 3300 mètres de D+, nous pouvons désormais dire que nous l’avons fait, et de quelle manière !!!
Un verre et le très bon gâteau préparé par Céline pour fêter ça. Bravo JJ, bravo FiFi !
Bravo Céline, bravo Eric aussi. Un 3000, ce n’est jamais gagné d’avance…
Je vous dis à la semaine prochaine, pour une sortie un peu plus normale, j’espère 🙂 !

